Par Polémos
Colline du Parlement, Ottawa. Crédit : Saffron Blaze. 2013. Photo sous licence CC BY-SA 3.0
Malgré la Convention de 1948 adoptée par les Nations unies, les États occidentaux n’ont pas rempli leur devoir de faire tout en leur pouvoir pour prévenir le crime de génocide commis par Israël. Malgré plus de 73 000 Palestinien·ne·s tué·e·s ou disparu·e·s, des centaines de milliers de blessé·e·s et une famine orchestrée, ils n’ont toujours pas honoré l’autre obligation prescrite par cette convention : celle de réprimer ce crime. Or, seules des sanctions sévères peuvent arrêter Israël, dont le projet d’expansion sioniste, rappelons-le, se poursuit de plus belle en Cisjordanie occupée sans oublier les attaques menées par l’armée israélienne en Syrie, au Liban, au Yémen et récemment au Qatar (État médiateur dans cette guerre), alors même qu’une négociation Israël-Hamas devait s’y tenir pour un cessez-le-feu.
Ce pouvoir de sanction, seuls les États sont en mesure de l’exercer. Et partout dans le monde, au nord comme au sud, les citoyen⸱ne⸱s incitent leurs gouvernements à agir en conséquence en sanctionnant Israël en vue de mettre fin à sa campagne d’extermination implacable. On entend les échos de ce mouvement mondial même depuis l’État hébreu, comme en témoigne la lettre ouverte publiée par une trentaine de personnalités israéliennes éminentes, dont notamment Avraham Burg, ancien président de la Knesset et également ancien président de l’Organisation sioniste mondiale, demandant l’imposition de « sanctions accablantes » sur Israël.
Cependant, la plupart des gouvernements occidentaux se montrent irresponsables, dans le moins pire des cas, voire complices dans bien d’autres, nommément le Canada. En effet, le gouvernement canadien a poursuivi son exportation d’armes vers Israël, notamment en exploitant une faille permettant de passer par les États-Unis. En plus de ces exportations, le Canada importe « des technologies et du matériel militaire israéliens, incluant des armes qui ont été utilisées contre les Palestiniens lors des bombardements actuels à Gaza, […] et qui sont ensuite commercialisées […] comme étant « testées au combat » et comme ayant « fait ses preuves au combat ».
La dévastation de Gaza et l’horreur infligée sous nos yeux aux Palestinien·ne·s sont tels que les divers stratagèmes du gouvernement canadien pour garder la face en annonçant publiquement la fin du commerce d’armes avec l’État hébreu, tout en poursuivant ce trafic proscrit par le droit interne et le droit international, ne font que le déshonorer davantage. La responsabilité nous incombe donc, en tant que citoyen·ne·s, chercheur·e·s, écrivain·e·s, artistes, de faire pression sur les États, malgré tout, afin qu’ils finissent par réprimer significativement Israël.
Différents membres de notre organisme de recherche à but non lucratif sur la décroissance ont apporté leur soutien à la Palestine que ce soit lors de conférences, ou dans le cadre de leur vie professionnelle ou militante. Suivant cet élan, c’est cette fois-ci en tant que groupe que Polémos prendra part à la marche du 19 septembre à Ottawa.
Cette démarche s’échelonnant du 15 au 19 septembre à la Colline du parlement, vise à faire pression sur le gouvernement du Canada, afin que celui-ci se conforme aux six mesures proposées par le groupe de La Haye :
- Interdire l’approvisionnement ou le transfert d’armes, de munitions, de carburant militaire, de matériel militaire connexe et d’articles à double usage à Israël.
- Interdire le transit, l’accostage et l’entretien des navires dans n’importe quel port dans tous les cas où il existe un risque évident que le navire soit utilisé pour transporter des armes, des munitions, du carburant militaire, du matériel militaire connexe et des articles à double usage vers Israël.
- Interdire le transport d’armes, de munitions, de carburant militaire, d’équipements militaires connexes et d’articles à double usage vers Israël sur des navires battant notre pavillon et garantir une pleine responsabilité, y compris le retrait du pavillon, en cas de non-respect de cette interdiction.
- Lancer un examen urgent de tous les contrats publics, pour interdire à nos institutions et fonds publics de soutenir l’occupation illégale du territoire palestinien par Israël et la consolidation de sa présence illégale sur ces territoires.
- Se conformer aux obligations visant à garantir la responsabilité des crimes les plus graves au regard du droit international, par le biais d’enquêtes et de poursuites rigoureuses, impartiales et indépendantes aux niveaux national ou international, afin de garantir la justice pour toutes les victimes et la prévention de futurs crimes.
- Soutenir les mandats de compétence universelle, dans la mesure où cela est applicable dans les cadres juridiques et judiciaires nationaux, afin de garantir la justice pour les victimes des crimes internationaux commis dans les Territoires palestiniens occupés.
Notons au passage que pour l’instant, aucun État occidental ne fait partie de ce regroupement international, donnant à cette inertie mortifère une impression de vieille fraternité coloniale entre gouvernements occidentaux, pour reprendre l’idée de Monique Chemillier-Gendreau, spécialiste du droit international, lors d’un rigoureux et incisif entretien pour la chaîne Élucid intitulé Origines du sionisme et mensonges d’Israël : 75 ans de déshonneur.
Un gouvernement qui soutient un génocide ne peut invoquer dorénavant aucune justification morale à une quelconque de ses actions, et par conséquent se rend illégitime auprès des peuples qu’il est censé gouverner, en tant que détendeur d’une mission d’intérêt général.
Pour vous joindre à la Marche vers Ottawa, consultez leur page internet à l’adresse suivante : https://marcheversottawa.weebly.com/#/
En solidarité avec le peuple palestinien,
Toute l’équipe de Polémos