Archives de catégorie : Parutions

Parution d’ouvrages

sortie de livre – les éboueurs du capital

Dès le 23 septembre 2026 au Canada et le 23 octobre en Europe, vous pourrez trouver le tout dernier livre de Yves-Marie Abraham : Les éboueurs du capital, à qui sert l’innovation sociale?

Pour en parler de vive voix avec l’auteur, rendez-vous le 22 septembre 2026 à 17h30 à La Librairie Gallimard de Montréal située au 3700 boul. Saint-Laurent (H2X 2V4).

Les mots des Éditions Écosociété sur cet ouvrage :

Financée, enseignée et promue, l’innovation sociale est à la mode. Mais de quoi s’agit-il, au juste ? Cette notion, ce « slogan » ou cette « idéologie sans idéal », comme l’écrit Yves-Marie Abraham, popularisée dans la foulée de la crise de 2008 et des politiques d’austérité, ne serait-elle pas un symptôme du passage de l’État-providence à un régime d’Entreprise-providence ? Si l’État ne s’occupe plus des problèmes environnementaux et sociaux générés par le capitalisme, comme la pollution et l’itinérance, les « entrepreneurs sociaux » peuvent-ils vraiment changer la donne ?

Difficile à définir, l’innovation sociale peut toutefois se comprendre comme une injonction de la classe possédante et de son fidèle comité de gestion, l’État : différentes initiatives privées à vocation sociale, anciennes (organismes communautaires, coops) ou récentes, lancées par de fringants entrepreneurs sociaux, sont mises en concurrence pour accumuler un capital symbolique, le « capital de bienfaisance ». Ces initiatives doivent prouver qu’elles offrent des solutions originales aux problèmes causés essentiellement par le capitalisme (externalités négatives) et dont l’État ne veut plus s’occuper directement. C’est à cette condition qu’elles obtiendront les moyens d’exister. Cette compétition profite-t-elle à celles et ceux qu’elle est censée aider ? Pour une part, sans doute, précise Yves-Marie Abraham. Tout soulagement apporté aux victimes collatérales du capitalisme ne peut qu’être salué. Ce jeu est cependant très profitable pour l’État, qui s’achète à bas prix de la paix sociale, et pour la classe d’affaires, qui y place une fraction de ses capitaux excédentaires (via les fondations privées) en échange de « bonne conscience » et d’avantages fiscaux.

Pendant ce temps, les inégalités continuent de se creuser… Pour éviter de n’être que la béquille du système qu’ils souhaitent changer, nous dit Yves-Marie Abraham, les « innovateurs sociaux » gagneraient à concevoir leurs projets dans la perspective d’une sortie du capitalisme.

Une lecture que nous attendons avec impatience et qui tombe à point pour la rentrée !

Nouvelle parution : Guérir du mal de l’infini

par Jérémy Bouchez

Photo : Jonas Jacobsson

Le 14 novembre 2019, à la librairie Raffin, les Éditions Écosociété lançaient le nouveau livre d’Yves-Marie Abraham, Guérir du mal de l’infini. Produire moins, partager plus, décider ensemble. Le chercheur et professeur aux HEC Montréal a déjà publié plusieurs livres en lien avec la décroissance avec d’autres spécialistes. Avec cet ouvrage, il offre aux lectrices et lecteurs une synthèse accessible sur les idées, les valeurs et les principes proposé.e.s par le mouvement de la décroissance au Québec.

C’est une idée pourtant simple mais qui paraissait encore incongrue il n’y a pas si longtemps : une croissance illimitée dans un monde limité est matériellement impossible. Depuis quinze ans, cette idée commence de plus en plus à être prise au sérieux. Voilà l’une des réussites — et pas des moindres — du mouvement de la décroissance que celle d’avoir martelé ce message tout en nous rappelant que le propre des sociétés de croissance est de faire l’économie de la nature. Guérir du mal de l’infini offre une synthèse claire des principes défendus par ce mouvement, en s’appuyant d’abord sur une critique incisive de la croissance capitaliste : bien que des économistes orthodoxes trouvent en elle la source de leur foi, qu’elle soit « verte » ou vêtue du leurre du « développement durable », elle demeure porteuse d’autodestruction, d’injustice et d’aliénation.

À ce brillant plaidoyer pour refuser le fantasme funèbre de la croissance éternelle, l’auteur adjoint diverses propositions pour envisager la transition d’un monde essentiellement axé sur l’entreprise vers un monde fondé sur les « communs ». Abraham explore également des alliances possibles entre la décroissance et d’autres luttes politiques souvent ignorées par les premiers penseurs de ce mouvement (féminisme, anticolonialisme, antispécisme).

Au final, le problème que pose la course à la croissance illimitée n’est pas seulement qu’elle détruit ce qui rend nos vies possibles, mais aussi qu’elle nous éloigne sans cesse davantage de la liberté et de l’égalité qui nous ont été promises. Tel est le « mal de l’infini ». Pour en guérir, les prières aux gouvernements et les incantations vertueuses ne suffiront pas. Une vraie bataille est à mener, sur plusieurs fronts, et ce livre offre un moyen de s’armer pour avancer sur celui des idées.

Un ouvrage écrit dans une langue limpide et accessible appelé à devenir une référence en la matière.